CONSTATS ET HISTORIQUE DU PRESICA

Depuis l’été 2009, l’organisation du dispositif calédonien d’enseignement supérieur et de recherche fait l’objet de nombreuses réflexions de la part des acteurs scientifiques et politiques.

Cette démarche résulte de la prise en compte de plusieurs éléments :

  • le constat d’une forte dispersion des moyens de recherche en Nouvelle Calédonie,
  • la volonté de s’inscrire dans la politique de recherche conduite au plan national (SNRI) et européen (STI) et déclinée pour l’outre-mer dans la STRATOM (stratégie pour la recherche et l’innovation dans les territoires d’outre mer),
  • l’opportunité que constitue la réflexion engagée dans le cadre du Schéma d’Aménagement et de Développement de la Nouvelle Calédonie (NC 2025) puis ultérieurement l’initiative prise par l’État et le gouvernement local au travers de la Stratégie pour la Recherche et l’Innovation en Nouvelle Calédonie (SRI-NC).

Au cours de l’année 2010, les réflexions ont débouché sur l’affirmation commune de mieux coordonner les activités menées en Nouvelle-Calédonie en recherchant les pistes de synergie et de mutualisation des moyens liant étroitement formation-recherche-innovation.

Ainsi, la volonté manifestée par l’État, la Nouvelle-Calédonie et les collectivités provinciales en charge du développement se conjugue à celle des principales institutions académiques.

La dispersion des moyens de recherche en Nouvelle Calédonie plaide, en effet, en faveur :

  • d’une coopération entre établissements de façon à éviter la tentation du repli sur soi,
  • d’un gain collectif,
  • de la nécessité d’une identité visible et reconnue à l’international qui permettra un changement d’échelle et un élargissement du périmètre d’influence.

Cette identité sera portée par une stratégie de site en phase avec les enjeux de développement du territoire, une ambition forte en matière de formation, de recherche, de valorisation et d’ouverture sur le monde économique. C’est la « philosophie » du PRESICA en cours de montage.

Le contexte institutionnel particulier de la Nouvelle-Calédonie instaure un partage de compétences entre l’État, le gouvernement et les 3 provinces qui ne facilite pas toujours la réflexion à l’échelle de l’ensemble du territoire. Pour pallier cette difficulté, un Comité d’Orientation Stratégique pour la Recherche et l’Innovation (COSRI) a été créé à l’initiative conjointe de l’État et du gouvernement. Il est composé du Haut commissaire de la république, du Président du Gouvernement, des Présidents des trois provinces, en association étroite avec le Président du Congrès (qui préside le Comité consultatif de la recherche (CCR)). Il s’appuie sur un Comité Opérationnel Scientifique et Technique (COST), formé des représentants des institutions scientifiques, des services des provinces et des acteurs du monde économique, invités en fonction des sujets traités.

C’est dans ce cadre qu’a été engagée la réflexion qui a conduit à la proposition de constitution d’un Pôle de Recherche, d’Enseignement Supérieur et d’Innovation Calédonien (PRESICA).

Le PRESICA a fait l’objet d’un grand nombre d’échanges entre opérateurs de recherche et d’enseignement supérieur et chacun a confirmé sa volonté de s’inscrire dans la démarche globale dans laquelle la Nouvelle-Calédonie est engagée, notamment en matière de transferts de compétences, temporalisés par l’accord de Nouméa et la loi organique, et de rééquilibrage économique, social et culturel.

Ce projet résulte du regroupement de l’Université de la Nouvelle Calédonie (UNC) et de quatre organismes de recherche : l’Institut Agronomique Calédonien (IAC), l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER), l’Institut de Recherche et Développement (IRD) et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).

PRESICA développera une stratégie au service d’une volonté politique des autorités publiques en Nouvelle-Calédonie. Son but est de construire un pôle public de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation de premier plan, en cohérence avec les missions et les spécificités de chacun de ses membres, qui soit visible et attractif au niveau régional et international. En particulier il conviendra de bâtir une stratégie de recherche et d’innovation forte en identifiant des thématiques qui prennent en compte les besoins de développement locaux et qui servira de socle au développement technologique du pays.

Dans ce contexte et afin de permettre la concrétisation rapide de la volonté commune des différentes institutions de recherche et d’enseignement supérieur, celles-ci ont convenu de déposer un projet commun dans le cadre du contrat de développement État / inter-collectivités 2011-2015, projet présenté sous l’égide du groupement préfigurant PRESICA et regroupant les différents projets portés en commun par ses membres.

Ce point souligne le caractère fédérateur de PRESICA et les attentes fortes qu’il suscite malgré les contraintes de calendrier propre aux contrats de développement. En effet si la recherche d’un consensus entre les différents acteurs concernés par PRESICA s’inscrit dans une dynamique positive, le calendrier s’est avéré incompatible avec celui des contrats de développement pour envisager la concrétisation de ce dossier à court terme.

Les institutions scientifiques se sont également accordées sur les modalités suivantes de mise en œuvre du projet :

  1. rédaction et validation d’une déclaration d’engagement scientifique mutuel des parties diffusée fin 2010 ;
  2. création d’une association de préfiguration du PRESICA au cours du premier semestre 2011. Cette association, de durée de vie limitée à quelques mois aura notamment la charge de finaliser le projet scientifique du Pôle en matière de recherche, le volet enseignement supérieur et formation, la vie étudiante, le volet innovation/valorisation, les relations internationales et de proposer la forme juridique définitive du Pôle et de ses statuts ;
  3. création de PRESICA sous sa forme définitive à la fin du premier trimestre 2012.
La structuration des pôles de recherche et d’enseignement supérieur en métropole s’effectue avec un rôle quasi-exclusif pour les universités. La spécificité du contexte calédonien, ou l’UNC est le seul établissement d’enseignement supérieur, conduit à envisager une approche totalement différente repositionnant l’université dans l’environnement scientifique calédonien afin qu’elle joue pleinement son rôle au sein du PRESICA.

C’est dans ce contexte que sont développés dans les paragraphes qui suivent les projets du PRESICA sur le site de Nouville et de l’Anse Vata. Les collectivités publiques, qui apportent un soutien actif à ce projet, ont souhaité compléter ce dispositif avec un volet ouverture au public qui comportera une composante pédagogique avec la réalisation de la Maison de la Science sur le site de l’Anse Vata. A terme le Muséum Calédonien et la Maison de la Science constitueront une seule entité en élargissant l’offre destinée au public.

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