(Journal Demain en Nouvelle-Calédonie)

L’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont décidé de créer un observatoire de la mangrove. Une première mondiale présentée cette semaine lors du séminaire international sur « les mangroves de demain » qui a réuni les plus grands spécialistes mondiaux en la matière.

Les Calédoniens connaissent relativement bien leurs mangroves. Pourtant estime Cyril Marchand, chercheur à l’IRD, « c’est un écosystème dont on ne parle pas assez à l’échelle mondiale ». Sait-on par exemple qu’il s’agit d’un des écosystèmes les plus productifs de la planète ? Qu’il occupe 75 % des littoraux tropicaux ? Qu’il possède un rôle sociologique et économique  non négligeable grâce aux crevettes et aux poissons qui induisent des revenus de l’ordre de 10 000 dollars par hectare et par an ? Sait-on par ailleurs que la mangrove disparaît de 1 à 2 % par an avec des pertes comprises  entre 35 et 86 % de la surface initiale dans certains pays ? Assurément non. Pourtant ce taux est équivalent voire supérieur à celui des écosystèmes menacés et bien mieux connus comme les récifs coralliens. En effet, même si nous avons la chance d’avoir ici des mangroves relativement bien préservées  du fait notamment de notre faible densité de population, la destruction intervient partout  à travers le monde. Et particulièrement dans les pays émergeants où se trouvent justement  90 % des mangroves. En cause : la croissance démographique, l’urbanisation, l’expansion des  activités industrielles, la prospection et l’exploitation des ressources naturelles, l’aquaculture, l’exploitation forestière…

Avenir

Les mangroves subissent par ailleurs des pressions liées au contexte climatique. « Jusqu’à  présent l’impact des changements climatiques était considéré comme faible relate Cyril Marchand. Pourtant ces changements et notamment l’évolution du niveau des mers pourraient induire une  perte importante dans le futur ». Pour toutes ces raisons, les mangroves méritent toute notre attention. C’est en tout cas l’avis  de l’IRD et de l’Université qui ont organisé de  concert le séminaire cette semaine. « Il s’agissait  de donner le point de vue des plus grands spécialistes du monde, qui mènent des recherches sur ce que pourraient devenir les mangroves ». On parle ici de réduction des superficies, de migrations vers la terre qui engendrent des  risques tels que l’érosion, les inondations… On peut aussi imaginer que la hausse des  températures ainsi que l’augmentation de la  concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont susceptibles d’augmenter la productivité des mangroves, de modifier le  calendrier de floraison et la fructification …

Pérennité

Reste qu’aujourd’hui « il est nécessaire de   développer des études sur le long terme, de voir si  les phénomènes sont locaux ou mondiaux etc. »  nous indique le spécialiste de la mangrove.  C’est ainsi que l’UNC et l’IRD ont décidé de développer un observatoire des mangroves  pour 2013. Il s’agirait d’une structure territoriale  avec des succursales en Nouvelle-Calédonie, en Nouvelle-Zélande au Vietnam ou encore  en Guyane ou au Sénégal. Des pays possédant  des biodiversités et des climats différents. « On  pourrait ainsi suivre l’évolution des mangroves, former les jeunes chercheurs, faire évoluer le suivi et diffuser tout cela à un large public » indique  Michel Allenbach, vice président du conseil  scientifique, chargé de la recherche à l’UNC qu  insiste sur l’importance de la pérennité d’une  telle structure.  En plus des analyses effectuées sur le terrain, des infrastructures de pointes comme des  serres remplies de palétuviers sous atmosphère  contrôlée devraient donc prochainement être mise en place. Le projet est soutenu localement par la Nouvelle-Calédonie et l’IRD mais également par les provinces et différents bailleurs de  fonds (groupe Xstrata, fondation d’entreprise Air Liquide). Une chance car le contexte est difficile en Europe, l’Australie, elle, a largement  focalisé son énergie et ses moyens sur la  barrière de corail, quant à l’Asie du Sud Est,  elle manque encore de recul et d’outils de formation en la matière

Texte : Chloé Maingourd
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